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   HISTOIRE LOUIS SIMEOUN LAMBERT
[06/08/2008 12:02]

HISTOIRE DE LOUIS SIMEOUN LAMBERT, LOU CAPELAN DOU FELIBRIGE .

 

        

 

 

Né en 1815 à BEAUCAIRE  Louis Siméoun LAMBERT se dirigea très tôt vers la voie ecclésiastique . Après ses études au séminaire vint le jour ou il allait être ordonné prêtre .

La veille de son ordination il écrivait «  mon dieu vous qui lisez dans l’avenir, si je ne dois pas être un saint ministre de vos autels , si je dois mépriser votre sacerdoce …, faites moi mourir cette nuit …

D’un naturel aimable et gracieux, de grande taille les cheveux portés longs, rien ne respirait en lui mélancolie ou tristesse .

Tombé malade au début de son sacerdoce il souffrit d’une grave maladie des cordes vocales qui le tint éloigné de la chaire plus de douze ans il demanda dés sa guérison imminente  une paroisse modeste afin de parachever sa guérison, la paroisse de saint Gervasy était vacante, en mai 1858  elle lui fut offerte .

Plusieurs fois détruite et reconstruite au fil de l’histoire l’église de saint Gervasy était encore dans un triste état dans ce milieu du 19éme siècle, elle portait encore les traces des assauts subis au cours de la période révolutionnaire .  

En osmose avec ses fidèles , qui l’adoptèrent immédiatement comme leur berger, il voulut réparer les outrages subis par son église tout était a faire, ses ouailles spontanément lui offrirent  leurs modestes économies des collectes étaient organisées, mais c’était sans compter sur les ambitions du pasteur pour la maison de Dieu, il trouva en la personne de la comtesse DE FORBIN DES ISSARTS petite fille des seigneurs de Saint Gervasy, MALOSSE PONTIER DE SAINT GERVASY les mécènes qui manquaient l’église fut augmentée de la chapelle  Saint Joseph , une statue commandée à  Meynes d’ou Saint Joseph fut porté par les paroissiens des deux paroisses, la restauration de l’église fut complète tous les corps de métiers travaillèrent ferme dans ces années 1860 .

Les sculptures proviennent de chez LAFFITTE d’Avignon, de VIERNE de Nimes et de CARTALLIER de Beaucaire, les boiseries des ciseaux  de GUIOL de Beaucaire . les vitraux de MARTIN d’Avignon, les vase sacrés ornements et candélabres proviennent de COULAZOU de Montpellier, la décoration faite par BOURRELLY  de Beaucaire . quelques années plus tard le gouvernement par son ministre d’Etat offrira les toiles de MELCHIOR DOZE : la théorie des apôtres, la famille de la sainte vierge, la famille de saint jean baptiste et le couronnement de la vierge .

 

Mais notre bon prêtre n’était pas seulement  amateur d’art durant ses années de convalescence, Il composait des poèmes jouait du galoubet , il fut avec quelques autres des prémices du félibrige, participa au Roumavagi des troubaires, en 1853  congrès fondateur du félibrige  d’Aix en Provence . Il fut le 9éme félibre ( dans l’ordre établi par MISTRAL lui même lors du dépôt des statuts de l’association ), il était familier de Font SEGUGNE dans ces premières années du félibrige .

Méfiant MISTRAL fit remarquer à ROUMANILLE que deux ecclésiastiques dans le mouvement ( avec l’abbé AUBERT ) c’était déjà beaucoup, le tout jeune MISTRAL  craignait le caractère inquisitorial de certains d’entre eux .

Concernant l’attitude des abbés AUBERT ET LAMBERT il n’eut toutefois plus de doutes, dans les années qui suivirent  . LAMBERT utilisa comme pseudonyme, Lou  Capelan Dou Félibrige, sa participation au mouvement fut très active sans doute jusqu'à sa nomination comme prêtre de Saint  Gervasy,  Ensuite l’affection qu’il porta à sa paroisse et le suivi des travaux qu’il dirigeait fit que la vie spirituelle prit le pas sur son autre vie artistique et sans doute  politique, car le Félibrige était aussi  un mouvement fédéraliste .

Sa présence est toutefois attestée lors de grands événements, il faisait notamment partie  de l’hommage posthume à ANTOUNIETO DE BEAUCAIRE en 1865, ou à l’invitation de ROUMIEUX et avec 25 autres félibres dont BONAPARTE WYSE qui les avait rejoints, ils rendirent à la jeune muse Provençale trop tôt disparue un hommage artistique ou chacun selon son inspiration apporta son tribut à une œuvre commune connue sous le nom de Dou d’ Antounieto .

Mais revenons à l’église de Saint Gervasy, la présence de ces artistes réputés le chantier entrepris d’une si grande envergure , avec concomitant celui de la chapelle et du chemin de croix de 1706 qu ‘il fit réhabiliter, attira vers Saint Gervasy la catholique la jalousie   .

Il fut  des personnes qui trouvèrent que ces générosités étaient trop importantes pour une si petite paroisse .un pasteur aussi convaincant méritait plus grand, à ces demandes réitérées l’autorité diocésaine fournit une réponse favorable , Monseigneur PLANTIER lui trouva une cure bien plus importante et le bon abbé LAMBERT s’apprêtait à obéir a sa hiérarchie quand une manifestation se transporta au palais épiscopal, tandis que des processions étaient improvisées à la croix de Saint Gervasy . des prières ininterrompues dans l’église .

 

En 1867 l’abbé LAMBERT doit partir pour Saint PAUL à  Nimes, il a reçu la lettre de mission, le prélat pressentit il le funeste sort qui attendait LAMBERT .

Car quelques temps après il consentit a laisser Louis Simeoun dans sa cure de saint Gervasy.

Peu de temps avant la fin il composait un chant prémonitoire et inachevé

Vaqui longtemps que tréve

Eme tu betelen

Vendras plus l’an que ven…

 

Le 27 mai 1868 à deux heure du matin, il remet son âme a dieu, son corps exposé durant 36 heure dans l’église sera veillé constamment, il sera enterré pendant treize mois dans le cimetière du village puis transporté dans la chapelle saint joseph ou il demeure depuis .

Quelques années après sa mort son recueil de poèmes  BETELEN fut édité grâce une fois de plus à la générosité de la comtesse DE FORBIN DES ISSARTS il sortira chez AUBANEL en 18

Œuvre de sa courte vie , commencé pendant les années de loisir que lui procurèrent la maladie c’est une compilation inachevée ce recueil ne contient que les poèmes religieux une grande part de sa production est hélas aujourd’hui disparue …

Dans la préface de l’ouvrage le père BOUFFIER louait Louis Simeoun LAMBERT d’avoir choisi la langue de ses ancêtres il écrivait :

«  Il a choisi de préférence  à la langue française notre langue méridionale, la langue de nos pères , la langue de nos vieux troubadours. Il faut lui en savoir gré, parce que c’est un acte de patriotisme .

Notre langue , en effet, s’en va : les flots envahissants de la centralisation la refoulent vers ses extrêmes frontières . Paris nous impose, en maître, ses lois, ses idées, ses mœurs, ses modes, ses goûts, son langage…. »

 

 

Que pourrait-on dire de plus 140 ans plus tard ?    

 

 

 

Michel GRAVIER juillet 2008

 

 

SOURCES : BETELEN préface du père BOUFFIER de la compagnie de Jésus ; chez

                     AUBANEL, 1870 .

                      Lettres de MISTRAL à ROUMANILLE .

                      LOU TRESOR DOU FELIBRIGE

                      Dédicace de BETELEN par la Comtesse Odon DE FORBIN DES ISSARTS,

                       LA CROIX DE SAINT GERVASY par l’abbé CHAPOT  1875, réedition de

                       1995 Chez LACOUR REDIVIVIA .

.

            






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